Impacts socio-économiques de l’autoroute Fès-Oujda
Présentation du projet
L’autoroute Fès-Oujda longue de 320 km se subdivise en 13 sections correspondant à autant d’échangeurs, comme l’indique le tableau suivant.
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Section |
Début |
Fin |
Longueur (km) |
Longueur cumulée (Km) |
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1 |
Fès |
AéroportFès Sais |
8 |
8 |
|
2 |
Aéroport Fès Sais |
Fès Est |
8 |
16 |
|
3 |
Fès Est |
Ras Tabouda |
25 |
41 |
|
4 |
Ras Tabouda |
Tahla |
25 |
67 |
|
5 |
Tahla |
Oued Amlil |
23 |
90 |
|
6 |
Oued Amlil |
Taza Ouest |
19 |
109 |
|
7 |
Taza Ouest |
Taza Est |
12 |
121 |
|
8 |
Taza Est |
M’Soun |
24 |
145 |
|
9 |
M’Soun |
Guercif |
40 |
185 |
|
10 |
Guercif |
Taourirt RN19 |
34 |
219 |
|
11 |
RN19 |
Taourirt |
5 |
224 |
|
12 |
Taourirt |
El Aioun |
54 |
278 |
|
13 |
El Aioun |
Oujda |
42 |
320 |
L’autoroute Fès Oujda comprend :
o 29 gares de péage
o 5 couples d’aires de service
o 2 parkings sécurisés pou poids lourds
o 29 grands viaducs
o 85 ponts entre passages supérieurs et passages inférieurs
o 69 passages véhicules
o 38 entre passerelles (12) et passages piétons (26)
o 462 ouvrages hydrauliques
Sa construction a couté 10,8 milliards de dirhams et a nécessité le déplacement d’un volume exceptionnel de terrassements qui se chiffre à 84 millions de M3 et la mise en oeuvre de 2.7 millions de tonnes d’enrobés bitumineux.
Le projet d’autoroute Fès – Oujda s’inscrit dans un cadre global
Maillon important du réseau autoroutier national, la liaison autoroutière Fès-Oujda prolonge l’autoroute Rabat – Meknès – Fès, pour former, à terme, un grand axe structurant Est – Ouest qui s’intègre avec le réseau existant et les grands projets routiers en cours comme la liaison Taza - Al Hoceima et Oujda - Nador. Elle constitue aussi un tronçon important de l’Autoroute Maghrébine qui prend son origine à Nouakchott, capitale de la Mauritanie et dessert les principales métropoles du Maghreb pour arriver à Tobrouk en Libye.
Désormais, moins de 4 heures et demi sont nécessaires pour parcourir le trajet Rabat- Oujda, dans un niveau de confort et de sécurité élevés.
Ce projet s’inscrit dans le cadre de l’Initiative Royale pour le développement de la région de l’Oriental lancée lors du discours de Sa Majesté le Roi Mohamed VI, que Dieu l'Assiste, à Oujda le 18 mars 2003. Depuis, plusieurs programmes de développement ont été lancés dans l'Oriental et touchent les principaux secteurs d'activité socio-économiques. Dans le domaine routier plusieurs projets se structurent autour de l’autoroute dont la réalisation permettra la mise en valeur des potentialités des régions traversées, en particulier dans les domaines touristiques, industriels et miniers:
o la Rocade Méditerranéenne qui va relier Tanger et Saïdia, en cours d'achèvement ;
o le dédoublement de la route Al Hoceima- Taza
o la voie expresse Oujda – Nador
o etc..
S’y ajoute la voie ferrée Taourirt-Nador qui relie Nador à l'ensemble du réseau ferroviaire national (117 km).
Par ailleurs un véritable pôle de développement industriel pour la Région de l'Oriental est en cours d’édification et sera directement impacté par l’autoroute ; il devra comprendre à terme :
o une zone franche intra-portuaire à Nador ;
o un parc industriel à Selouane (72 ha) ;
o un technopôle, site attenant à l'aéroport d'Oujda (370 ha disponibles).
o le projet Mar Chica à Nador, lancé au cours de l'été 2007, qui a pour objectif la création d'un site maritimo-touristique sur la corniche de Nador.
o l'agropole de Berkane qui comporte un parc agro-industriel, un parc logistique et un parc service.
o une nouvelle technopole à Oujda créée dans le but d’accompagner le développement que connait l’Oriental.
En outre, 32 sites sont identifiés à fort potentiel touristique (tourisme de montagne, tourisme archéologique, tourisme rural, etc.)
Complète ces projets, le programme solaire à Aïn Beni Mathar (400 MW) dans la région de l'Oriental , qui abrite déjà une centrale thermo-solaire.
Les avantages générés par l’autoroute
En plus des gains macro-économiques exposés ci-dessus relatifs à la stimulation des investissements générés par le projet, aussi bien pendant les travaux qu’après la mise en service, le projet génèrera un certain nombre d’avantages aux usagers de la route et à la collectivité, parmi lesquels :
o des gains de temps pour les anciens usagers de la nationale reportés sur l’autoroute,
o des gains de décongestion pour les usagers de la nationale qui demeurent sur la nationale après la mise en service de l’autoroute,
o des gains de consommation de carburant,
o des gains d’exploitation des véhicules (hors carburant),
o des gains de pollution et d’effet de serre,
o des gains de confort,
o des gains de sécurité.
L’analyse économique, réduite aux seuls avantages directement chiffrables liés à la circulation, ne comprenant donc pas les gains macro-économiques, fait ressortir un TRI de 10.2%.
Gains de temps permis par l’autoroute Fès – Oujda
Alors que le temps de parcours sur le trajet Fès – Oujda est actuellement de plus de 5h, les automobilistes mettront moins de 3h20 pour réaliser ce même trajet à la mise en service de l’autoroute.

Pour les PL, compte tenu des fortes déclivités présentes sur la RN6, notamment entre Fès et Taza, les gains de temps permis par l’autoroute sont encore plus élevés.


En jour annuel moyen, le trafic total de l’autoroute est estimé, toutes sections confondues, à près de 9 700 véhicules, dont 7 800 véhicules légers (VL),900 poids lourds classe 1 (PL1) et 950 poids lourds classe 2 (PL2).
Compte tenu des trajets moyens réalisés, les gains de temps totaux permis par l’autoroute sont estimés quotidiennement à :
* 12 300 heures pour les voyageurs circulant sur l’autoroute Fès - Oujda
* 930 heures pour les voyageurs circulant sur la RN6 et qui bénéficient de sa décongestion, principalement due au transfert sur l’autoroute des VL et PL en transit par la nationale.
Ces réductions de temps de parcours peuvent être valorisées comme des surplus économiques pour les usagers de la route, qui disposent ainsi de plus de temps pour leurs loisirs. La valorisation annuelle de ces gains est présentée ci-dessous.

Ainsi, la majeure partie des gains de temps permis par l’autoroute est au bénéfice de l’usager, le péage ne venant capter qu’une petite partie de ces gains (30% en moyenne).
Au final, Au final, le projet permet une augmentation des recettes des AdM de 121 MDhs/an et des surplus de gains de temps des usagers de la route monétarisés à hauteur de 300 MDhs/an.
Gains permis par la diminution des circulations automobiles
Les autres gains externes sont liés à la différence de circulation par type de voie entre la situation de référence (tous les usagers prennent la nationale) et la situation de projet (répartition des véhicules entre la route et l’autoroute). Ces gains correspondent :
* à la différence de consommation de carburant entre les deux situations,
* à la différence de coût d’entretien et d’exploitation des véhicules,
* à la différence des coûts de pollution et d’effet de serre,
* aux gains de confort pour les automobilistes,
* aux gains de sécurité, appliqués à tous les usagers et qui dépendent du différentiel de circulation par type de voie ; ces gains sont appliqués à l’ensemble de la collectivité.
Le tracé de l’autoroute va permettre une économie de distance de circulation par rapport à la nationale, dont le tracé est beaucoup plus sinueux. Les graphique et tableaux ci-dessous présentent, compte tenu des trajets moyens des usagers, les gains de distance, de consommation en lien avec les distances et les conditions de circulation.
Blessés légers Blessés graves Tués Total sécurité routière Route 2 215 381 118 Autoroute 1 026 176 55 Route Autoroute Route 0.31 0.36 0.75 1.42 Autoroute 0.14 0.17 0.35 0.66 Nombre d'occurrences par millard de véh.km annuel Coût unitaire pour la collectivité Coût total annuel pour la collectivité par véh.km 140 000 955 000 6 365 000

Un des principaux avantages de l’autoroute pour la collectivité concernera les gains de sécurité routière. D’après les dernières statistiques concernant l’accidentologie routière au Maroc, et si on se restreint, à circulation identique, au fait que l’autoroute est deux fois plus sûre que la route nationale à la mise en service, on a un coût pour la collectivité liés à la circulation autoroutière de 0,66 Dhs/véh.km sachant que pour la route, ce coût est de 1,42 Dhs/véh.km.
Le tableau suivant présente le détail de ce calcul :

Synthèse des gains permis par l’autoroute
Le tableau suivant synthétise les valorisations économiques des gains permis par l’autoroute, selon le type d’usager.
On constate donc que près de la moitié des gains totaux sont au bénéfice des usagers VL reportés sur l’autoroute (dont une partie est captée par AdM sous forme de péage). La collectivité dans son ensemble capte quant à elle prés de 30% des gains permis par l’autoroute. |